LA DÉMOCRATISATION CULTURELLE SE JOUERA-T-ELLE SUR LE NET ?

LA DÉMOCRATISATION CULTURELLE SE JOUERA-T-ELLE SUR LE NET ?

Mercredi 02 novembre 2016

 MARDIS DE LA VILLA 

LA DÉMOCRATISATION CULTURELLE SE JOUERA-T-ELLE SUR LE NET ?  

Les enjeux du numérique. L’exemple du Maroc

Cette conférence se tient exceptionnellement dans le cadre de la Semaine Économique de la Méditerranée du 2 au 4 novembre:

"Le numérique, pour une Méditerranée connectée" 

 

 

Avec Nabil BAYAHYA, Executive Partner chez MAZARS, auteur des « Politiques culturelles à l’âge du numérique », Ed. Descartes et Cie octobre 2015

 

La politique culturelle est probablement l’une des politiques publiques les plus difficiles à appréhender pour un dirigeant. Basée sur la créativité, elle ne peut pas être standardisée et mesurée avec les mêmes instruments que ceux destinés traditionnellement à l’évaluation de l’action publique. Elle est également ardue à mesurer parce qu’à l’instar -et peut-être même davantage- que la politique d’éducation,  elle ne peut se fondre dans le moule de l’évaluation coût-bénéfices  que l’on exige de services publics respectueux du contribuable. Elle est difficile  surtout parce qu’elle comprend une part métaphysique incontournable, pour laquelle le politique doit savoir et définir ce qui est le beau, le vrai ou le juste.

Face à cette triple contrainte, nombre de politiciens renoncent à essayer de se forger une vision culturelle dont ils ne voient que les inconvénients.Trop coûteux, trop risqué, trop élitiste, trop critiquée, et somme toute peu visible dans ses réalisations, la politique culturelle n’est pas un portefeuille « cadeau », à tel point que de nombreux États l’abandonneraient volontiers aux nouveaux acteurs de la mondialisation tels la société civile, l’entreprise, les multinationales ou les réseaux. 

Pourtant, les nouvelles technologies sont aujourd’hui le premier vecteur de l’intolérance et de l’obscurantisme. Si certains on pu croire que la mondialisation suffirait à ouvrir les esprits en même temps que les frontières, force est de constater que la haine d’autrui s’y propage bien plus vite que la connaissance de l’Autre, ou même la connaissance de soi.C’est pourquoi un État qui renoncerait à la politique culturelle, ou chercherait à l’affubler de comptes d’apothicaire commettrait une terrible erreur, celle de renoncer à être lui-même. Car l’enjeu de la politique culturelle n’est pas tant l’image internationale qu’une certaine idée de la Nation.

Reste à savoir comment s’y prendre, tant il y a mille et une façons d’exécuter la politique culturelle. C'est précisément l'objet de cette conférence-débat.

 

ÉCONOMIE - En partenariat avec La Tribune, l'AMSE, la Fondation IMéRA et la Commission Économique pour l'Afrique des Nations Unies.

 

 BIOGRAPHIE 

 

 Nabil Bayahya est diplômé de Sciences Po Paris, et d’un troisième cycle à l’université Nice Sophia-Antipolis.

Il est actuellement Associé Exécutif du Cabinet international Mazars Audit et Conseil. Spécialiste des problématiques institutionnelles et organisationnelles, il a conduit plusieurs études stratégiques pour les pouvoirs  publics et dans le secteur privé.

Il est par ailleurs enseignant en Master et auteur de nombreuses publications.

 Nabil Bayahya est né à Rabat en 1968. Il est marié et père de deux enfants

 

 

Bibliographie

Le Maroc Stratégique : Ruptures et permanence d'un royaume. Ouvrage collectif, Editions Descartes & Cie, 2013.
Le Mémento Comptable Marocain. Ouvrage Collectif, Editions Masnaoui, Novembre 1994.
L'AFRIQUE: Nouvelle frontière de la croissance. Comprendre, investir et entreprendre. Ouvrage Collectif, Editions Technip, Octobre 2015
De nombreuses Publications : L’Economiste, Atlantico.fr, Quantara, Economie & Entreprises…

 

 INFORMATIONS PRATIQUES 

 

Entrée libre - Sur réservation

Horaire : 18 h

Par mail à billetterie@villa-mediterranee.org

Par téléphone au 04 95 09 42 70 

 

 POUR EN SAVOIR PLUS 

 

Sur le livre qui fait l’objet de la rencontre-débat :Politiques Culturelles à l’âge du numérique. L’exemple du Maroc ,  Éditions Descartes et Cie

Date de sortie en librairie : 8 octobre 2015

Présentation 

L’ouvrage est consacré à la politique culturelle comme concept et instrument de l’action publique au Maroc. Il a pour objectif de définir et analyser les enjeux et les moyens de la politique culturelle du Royaume, à travers un regard critique, afin d’ouvrir et tracer les contours de ce que peut être la politique culturelle au XXIè siècle.

L’originalité de son approche est de faire non pas une description des réalisations des politiques culturelles mais une analyse des politiques culturelles sur la base de modèles économiques ou systémiques issus des sciences sociales.  Il part de l’hypothèse que la culture est un ensemble d’activités de production et de diffusion de supports de création, dont l’économie est caractérisée par des insuffisances qui nécessitent une intervention de l’Etat.  Il distingue ainsi  trois problématiques et approches de la politique culturelle qui ont été mises en œuvre successivement : la « culture pour tous » fait de la culture un bien collectif, auquel toutes les catégories de la population doivent accéder. Elle a une vocation centralisatrice, à travers un art « officiel » relayé par des institutions nationales, avec une problématique d’éducation, qui justifie le protectionnisme culturel.  Cette approche réduit cependant  la culture aux codes et pratiques des élites occidentales, qui l’utilisent comme un instrument de domination. Au Maroc, elle pose la question non seulement d’une domination sociale des élites, mais de l’ « occidentalisation » de cette même élite. La seconde approche est celle de la « culture pour chacun » qui vise à ériger au même niveau toutes les pratiques culturelles sans discriminations, et en définitive de stimuler la créativité individuelle. Elle est décentralisée, et s’appuie sur les collectivités locales et la société civile. Au Maroc, elle est la clé de la diversité mise en avant par la nouvelle constitution. Par ailleurs, elle permet de revaloriser l’artisanat et les cultures traditionnelles pour créer un art national véritable. Enfin, elle ouvre des perspectives à une jeunesse en proie à l’agitation. Mais dès lors qu’elle assimile tout contrôle à de la censure, sa critique dénonce une tendance au partage opaque de subventions au sein d’un microcosme associatif, et une dispersion des moyens au détriment de toute stratégie. La troisième approche est celle de à l’ère numérique, dont les nouvelles technologies ont bouleversé l’économie de la culture en la rendant accessible au plus grand nombre avec des moyens réduits  aussi bien la production que la distribution. Elle oblige l’Etat à suivre une tendance qu’elle peut moins réguler.

Thèse du livre

La thèse développée dans le livre est celle d’une évolution cyclique des politiques culturelles qui cherchent à se mettre en phase avec leur temps, parfois avec retard. En ce sens, la démocratisation culturelle qui a toujours été le dogme de la politique culturelle, prend des acceptions différentes selon les périodes, et les moyens dont disposent l’Etat ou les pouvoirs publics pour y parvenir sont réduits.

Intérêt de sa publication

L’intérêt de sa publication est donc double. En premier lieu, il présente une structuration nouvelle et originale des politiques culturelles à travers l’identification de modèles distincts, qui peuvent être appliqués en tous lieux. En second lieu, il montre comment appliquer ces modèles à la réalité d’un pays émergent comme le Maroc, où la politique culturelle reste en grande partie à construire.

Socle référentiel

Le socle référentiel combine les sciences sociales avec la philosophie et l’histoire de l’art. Les modèles des politiques culturelles sont analysés à partir des concepts et thèses des économistes de la culture comme Baumol-Bowen, Pommerehne-Frey, ou Benhamou. Toutefois ils sont complétés par de nombreuses références à l’histoire de l’art, ainsi que parfois des analyses issues de la philosophie sur l’esthétique de tel ou tel courant artistique.

 

Colloque Conférence